`
7 janvier 2014

Hairy envy

Les sourcils broussailleux sont l’énorme tendance de l’hiver 2013-2014. Cette saison, il faut laisser pousser sa touffe oculaire pour être dans le move, et en passant, pas trop se les cailler. Qui d’entre nous ne se foutait pas de la mono-sourcil d’Emmanuel Chain et de Lourdes, la progéniture poilue de Madonna ? Aujourd’hui, des millions de femmes dépensent des centaines de dollars en élixirs pour la pousse de sourcils. De l’huile de ricin à la greffe de poils d’aisselles, tout est permis pour obtenir le regard frisé, quitte à forcer la dose.
Pauline-Gier-Frauke-Fischer-Diva-06
L’entretien et l’esthétisme des sourcils sont un business qui ne cesse de s’accroître. Toutes les marques de cosmétiques proposent des produits pour lustrer, sublimer, colorer, tailler et arroser. Les multiples méthodes d’épilation rendent l’activité plus précise, plus adaptée et moins douloureuse. À la cire, à la pince à épiler et au fil, le bonheur est dans les bars brows. Accessoire de mode par excellence, son tracé change au gré des tendances.

L’art de s’épiler est en passe de devenir une science, avec des écoles et des praticiens reconnus par la profession. Sans compter, sur les artistes de rue, qui rivalisent de farces et attrapes en tous genres.Tout est permis pour une poignée d’euros. Les crevardes se ruent dans des échoppes douteuses, où des experts de nulle part (si on peut les appeler comme ça !) n’hésitent pas à tartiner les sourcils de teinture pour cheveux, voire d’encre de Chine, afin de promettre l’obtention de sourcils en 3D. Des résultats qui s’apparentent plus à du 0D, encore heureux si les poils décident un jour de repointer leur nez ! Château d’Eau, la plaque tournante de la crapulerie parisienne par excellence, est champion dans la pratique de l’épilation à la Gillette, lame extraite du rasoir pour homme. Une technique rapide et indolore, qui garantit une repousse amazonienne sous OGM.

DSC_7770
Les courants modesques vont et vient. Le 21ème aurait pu nous offrir des procédés plus audacieux, plus novateur comme des sourcils à paillettes, des sourcils amovibles ou des techniques révolutionnaires pour l’obtention d’un regard multicolore. Force est de constater, que la mode trouve sans cesse son inspiration dans les vestiges passés, un cycle en perpétuel mouvement mis au goût du jour. La beauté et la mode ne sont que des exemples parmi d’autres. La peur du chimique a laissé place à la quête du biologique. Le bruit actuel autour du sourcil illustre bien cette tendance.

La meilleure chose à faire est de consulter quand on n’est pas sûr. Ne négligeons pas la force du regard ! Le sourcil encadre le visage, il accompagne l’expression du regard et envoie des signaux et des messages clairs. Au moindre loupé, la réception est brouillée. En un clin d’oeil, les sourcils de ma mère se transformaient en une série de signes de ponctuation, de chaque expression résultait une indication, une indication me disant qu’à la prochaine incartade, j’étais susceptible de m’en prendre une. Imaginez si elle avait tout le temps, les sourcils en l’air, ça aurait été vachement déroutant !

30021497674_2

Les maquilleurs professionnels des défilés de cette saison ne sont pas les initiateurs de la tendance. Ils surfent sur une vague déjà existante depuis la nuit des temps : le naturel ! Frida Khalo la reine incontestée de la mono-sourcil, immortalisée la tendance d’aujourd’hui par le biais de photographies et d’autoportraits témoignant son amour pour l’esthétisme brut. Personnellement, je suis assez sceptique face l’association sourcils broussailleux et moustache.

La version moderne de Frida semble plus adaptée à notre vision. Pas besoin de se raser quand fait tourner la tête de tout Mexico City. Le style Frida Khalo inspire toujours et encore les magazines actuels en manque d’imagination. Chaque été, ils retravaillent l’imagerie de l’artiste ibérique par le biais de ses accessoires préférés : la couronne de fleurs, les habits flamencos et le plus emblématique de tous, les sourcils forts, en gommant avec subtilité son abondante obsession pour la pilosité.

Dans les années 80, Brooke Shields a démocratisé avec audace l’oeillade touffue, l’éloignant pour de bon de l’orientation hippie prise par la décennie antérieure. Star incontournable de cette nouvelle génération de starlettes misant plus sur la personnalité que sur la beauté, Brooke Shields fut l’égérie de nombreuses marques emblématiques voulant bousculer les diktats. En d’autres termes, sa bouille légendaire fut les prémices d’une carrière mouvementée !

brooke-shields-1

Ce succès pileux continue d’en propulser plus d’une. Dans les années 2000, la mioche de Phil Colllins, fondateur du groupe de rock britannique Genessis, illumine par son charme naturel les couvertures des plus grandes publications de la mode féminine et endosse le rôle d’égérie de l’écurie Lancôme. Ce ne sont pas les talents musicaux de Lily qui sont à l’origine de son succès, mais bien sa pilosité qui lui font toucher le jackpot. Une ascension invraisemblable. Autrefois, objet de moquerie ou d’interrogation, peu importe, aujourd’hui ses poils valent de l’or. Merci, papa !

wm001
Nous sommes tous égaux face aux désastres pileux. Nous sommes toutes passées par là, des techniques hasardeuses voire inexistantes, empruntées aux copines, pour ainsi nourrir l’espoir d’avoir le même dessin que les stars hollywoodiennes, bollywoodiennes et plus récemment, nollywoodiennes. Cependant, je reste persuadée qu’il y a peu de choses qu’une bonne styliste sourcilière ne peut rattraper, s’il vous plaît, quand le savoir-faire est quasi-absent, restez loin de la pince à épiler, de la cire, de la Gillette, de tout… être constamment étonnée n’est pas encore la tendance du moment !

 

Manda

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *